
Je suis né voici bien longtemps, sur le territoire des Bigerri en Novempopulanie, aux premiers siècles de notre ère. Vous me trouverez sur vos cartes modernes à la frontière entre Bigorre et Béarn. Mon nom (unique en France) viendrait dit-on du nom latin Cassius
J’apparais dés le Moyen-âge dans les livres des hommes. Le testament de Pétronille Comtesse de Bigorre fait mention d'un lègue aux pauvres sur les revenus que je lui apportais.
En 1313 dans le Débita Régina de Navarre je suis Cayshon
En 1429 dans le Censier de Bigorre je suis Caxon
J’appartenais alors aux évêques de Bigorre, qui y possédaient château et droit de haute et basse justice. Ruinés par les guerres de religion, ils vendirent, aux sires d’Incamps, la seigneurie et son église forteresse
En fait nous étions deux à nous partager le territoire
Mon voisin se nommait Ganos et se situait au sud prés du canal de L'uzerte
Au XVI siècle, la fureur destructrice des huguenots et des papistes amena ruines et malheurs en mes murs. Sur ordre du chef de guerre des protestants Montgomery, le capitaine Sempé, à la tête d’une troupe venue de Sarraziet s’installa au château. Ils me brulèrent à moitié et ravagèrent mes voisins (Larreule et Nouilhan)
Les catholiques, avec à leur tête le Capitaine vicquois Raymond de Pujo, les en délogèrent.
Mais hélas mon château, mon église, le prieuré et une grande partie de ma population disparurent dans la violence de cette époque troublée
A la révolution, les hommes rédigèrent un cahier de doléance comme toute les communautés du royaume, pour se plaindre des impôts, des corvées et des mauvais chemins, ne leur permettant pas de faire voyager leurs productions. Ils demandent le droit de posséder un chien et de chasser sur leurs terres.

Cahier de doléance de Caixon(archives départementales des hautes Pyrénées)
En 1789 un de mes habitants « Dominique Lanusse dit Peyrot »se dresse contre le baron de Caixon Louis de Monet et refuse de moudre son grain au moulin du seigneur.
Au XIX siècle, je vis la communauté s’agrandir.
Les hommes créent des Tuileries avec l’argile pure de mes collines, ce qui leur valu le surnom de
« los teulèrs. » Trois tuileries occupèrent jusqu’à 100 ouvriers (la tuilerie Bonnefoy, celle des frères Vignaux dans la colline, et la tuilerie Gardey à coté du Lys)
L’agriculture et l’artisanat se développent.
Quelques hommes attirés par les terres lointaines d’Amérique du Sud partent vers l’Argentine (départ organisé par un caixonnais le Dr Brougnes)
Certains reviendront, d’autres émigreront vers les Etats Unis.
Des cafés, des restaurants et même une guinguette existeront jusqu’à la moitié du XX siècle (Établissement Duclos).
J’ai même vu des courses de chevaux.
Aujourd’hui, ma population continue d’augmenter, les enfants réveillent mes vieux murs par leurs jeux dans la cour de récréation de l’école.
La jeunesse anime la fête du village au 15 Aout.
Les tuileries ne sont plus là, mais des artisans, des agriculteurs, des artistes, des professionnels libéraux continuent à travailler sur mes terres où il fait bon vivre.
Avec le développement des technologies modernes, peut-être seront-ils encore plus nombreux à travailler en mes murs !!
